Arrêté à Pretoria le 15 avril 2026, Kemi Seba, figure controversée du panafricanisme, est désormais au cœur d’un dossier judiciaire sensible en Afrique australe.

Interpellé dans un centre commercial en compagnie de son fils, le président de l’ONG Urgences panafricanistes a été placé en détention provisoire par les autorités sud-africaines.

Selon les premières informations communiquées par la police, il lui est reproché d’avoir facilité une entrée irrégulière au Zimbabwe en empruntant le fleuve Limpopo. Les autorités évoquent également un projet de déplacement vers l’Europe depuis ce pays voisin, ce qui renforce la gravité des soupçons retenus contre lui.

De son identité civile Stellio Gilles Robert Capo Chichi, l’activiste doit comparaître devant la justice sud-africaine le 20 avril prochain. Cette audience sera décisive, notamment sur la question de son éventuelle extradition. Le Bénin, son pays d’origine, le recherche pour des faits liés à une supposée apologie de coup d’État après les événements du 7 décembre 2025.

L’affaire prend une dimension politique en raison du positionnement de Kemi Seba sur la scène africaine. Très critique à l’égard du président Patrice Talon, il s’est illustré par son soutien affiché aux régimes militaires de l’Alliance des États du Sahel. Il occupe par ailleurs un rôle de conseiller spécial auprès du chef de la transition nigérienne, Abdourahamane Tiani.

A ce stade, ni les autorités béninoises ni celles du Niger n’ont officiellement réagi à son arrestation. Ce silence alimente les spéculations autour des tractations diplomatiques en cours, alors que plusieurs de ses proches alliés politiques restent également discrets. La question de son extradition demeure incertaine.

Détenteur d’un passeport diplomatique nigérien, Kemi Seba pourrait solliciter un transfert vers Niamey plutôt que vers Cotonou. Les relations entre les différents États concernés ainsi que les considérations juridiques pèseront lourd dans la décision finale attendue à l’issue de sa comparution.

                           ✍️ La rédaction