Dans une tribune à forte tonalité critique, Crispin Ntambue Bambabonso, notable congolais, tire la sonnette d’alarme sur le fonctionnement actuel du système de paie des agents et fonctionnaires de l’État en République démocratique du Congo.
Selon lui, les retards répétés de plus de 50 jours dans le versement des salaires traduisent une crise profonde qui pourrait avoir des conséquences politiques et sociales majeures.
L’auteur dénonce une situation qu’il qualifie de préoccupante, évoquant une forme de «neutralisation» progressive du régime en place par certains acteurs impliqués dans la chaîne de paie. Il estime que ces dysfonctionnements, loin d’être anodins, pourraient nourrir un climat de frustration généralisée au sein de la fonction publique, avec en toile de fond le risque d’une multiplication des mouvements de grève à l’échelle nationale.
Dans son analyse, Crispin Ntambue Bambabonso interpelle directement le chef de l’État, Félix Tshisekedi, qu’il considère comme le principal garant du bon fonctionnement des institutions. Il lui rappelle sa responsabilité dans la gestion du pays et l’exhorte à agir de manière préventive afin d’éviter une détérioration davantage prononcée du climat social.
L’auteur insiste également sur les conséquences humaines de ces retards de paiement. Selon lui, la précarité croissante des agents publics pourrait engendrer une crise sociale plus dévastatrice que les conflits armés, soulignant que « la famine tue plus que les munitions ». Une affirmation forte qui met en lumière la gravité de la situation vécue par de nombreux ménages dépendant des salaires de l’État.
Enfin, cette prise de position se veut aussi un avertissement politique : l’histoire montre, rappelle-t-il, que ce sont souvent les populations elles-mêmes qui finissent par contester un régime lorsque leurs conditions de vie se dégradent durablement. Il appelle ainsi les autorités compétentes à prendre des mesures urgentes pour rétablir la régularité dans le paiement des salaires, condition essentielle à la stabilité sociale et politique du pays.
Cette tribune s’inscrit dans un contexte national marqué par des tensions socio-économiques persistantes, où la question de la gouvernance financière demeure au cœur des préoccupations des citoyens.
✍️ Jacob KANDE








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