La communauté nationale commémore, le 17 mai de chaque année, la journée marquant l’entrée à Kinshasa des troupes de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), conduites par Laurent-Désiré Kabila, devenu par la suite troisième Président de la République démocratique du Congo.
Contacté à ce sujet, Carhel Mbuta, enseignant d’histoire dans la ville de Kananga, au Kasaï Central, estime que cette journée devrait être consacrée à la méditation et à la réflexion. Selon lui, le bilan de cette « libération » reste mitigé, dans la mesure où elle aurait favorisé le mixage au sein de l’armée, l’infiltration dans certaines institutions politiques, ainsi que l’exploitation illégale et l’occupation abusive de certaines terres du pays.
Nous éprouvons à la fois un sentiment de joie et d’amertume. De la joie, parce que le pays a été libéré de la dictature de Mobutu Sese Seko. Mais aussi de l’amertume, parce que cette période a, selon nous, ouvert la voie à des infiltrations étrangères au sein des institutions politiques et militaires
a-t-il déclaré.
L’historien ajoute que cette date doit continuer à susciter des débats au sein de la société congolaise. Il rappelle que la dictature de Mobutu, qui a duré 32 ans, avait fini par lasser une grande partie de la population, mais estime que la libération menée par l’AFDL n’a pas répondu à toutes les attentes des Congolais.
Par ailleurs, Carhel Mbuta invite les autorités compétentes à retirer le 17 mai de la liste des journées fériées en République démocratique du Congo, estimant que cette date renvoie à des événements aux conséquences négatives pour la nation.
Jean Piaget BAKATUDIDIA







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