La prise de position des évêques catholiques de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) sur une éventuelle révision de la Constitution continue de susciter des réactions au sein de la classe politique et de la société civile.
Parmi les voix qui se sont récemment exprimées figure celle de Koffi Kafula, analyste politique congolais, qui estime que l'Église catholique ne devrait pas s'impliquer directement dans un débat qu'il considère comme essentiellement républicain.
Dans une déclaration rendue publique ce lundi, Koffi Kafula affirme que la CENCO dépasse son rôle pastoral en cherchant à influencer le processus de réforme constitutionnelle.
Nous respectons le rôle moral de l'Église. Cependant, lorsque les évêques interviennent dans l'arène politique pour orienter ou empêcher une réforme de la Constitution, ils créent un précédent qui peut s'avérer dangereux
a-t-il déclaré.
Selon lui, la question de la Constitution doit être débattue par le peuple souverain, ses représentants et les experts compétents.
Mêler la religion à la Constitution, c'est risquer d'encourager diverses revendications communautaires. Demain, d'autres confessions religieuses pourraient également vouloir peser directement sur les choix institutionnels du pays
a-t-il ajouté.
Depuis plusieurs semaines, la CENCO multiplie les déclarations et les consultations autour de cette question. Les évêques mettent notamment en garde contre toute révision qu'ils jugent susceptible de fragiliser la stabilité du pays à l'approche des prochaines échéances électorales.
Une position que Koffi Kafula qualifie de
« paternaliste ».
Les Congolais sont suffisamment mûrs pour débattre eux-mêmes de leur Constitution. L'Église peut conseiller et sensibiliser, mais elle ne devrait pas dicter la marche à suivre
soutient-il.
Cette sortie relance le débat sur les rapports entre les institutions religieuses et les institutions politiques en République démocratique du Congo. Si certains élus saluent la position de l'analyste, d'autres, notamment dans les rangs de l'opposition proche de la CENCO, y voient une déclaration de nature à alimenter davantage les tensions.
En attendant, la question de la révision constitutionnelle demeure au centre des discussions politiques à Kinshasa et à travers le pays.
Franck Kamuanga





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