La démolition de plusieurs parcelles et constructions le long de l’avenue Kakenga, dans la commune de Ndesha à Kananga, suscite une vive indignation au sein de la population locale. Depuis quelques jours, les opérations menées par l’entreprise SAFRIMEX, en collaboration avec l’Office des Voiries et Drainage (OVD), provoquent colère, incompréhension et inquiétude parmi les habitants affectés.

Lors d’une ronde effectuée ce jeudi 14 mai 2026 par notre rédaction, plusieurs familles ont affirmé avoir été surprises par la rapidité des travaux de démolition. Des murs détruits et des biens exposés à l’air libre témoignent de l’ampleur des dégâts enregistrés sur cette avenue devenue un important axe de circulation dans la ville de Kananga.

Des riverains dénoncent notamment un manque de communication et d’accompagnement de la part des autorités compétentes. Certains estiment n’avoir reçu ni délai suffisant ni mesures d’indemnisation avant le début des opérations.

 Nous ne sommes pas contre le développement ni la modernisation des routes, mais nous demandons le respect de la population et des procédures  

a déclaré un habitant rencontré au croisement de l’avenue Kakenga et Demba.

D’autres citoyens craignent de se retrouver sans abri ou sans activité génératrice de revenus après la destruction de leurs maisons. Cette situation alimente un climat de tension dans plusieurs quartiers de la commune de Ndesha.

 Nos parcelles datent de plusieurs années et respectent les limites fixées pour les avenues. Nous avions été contactés auparavant par les ingénieurs de l’OVD qui nous avaient montré les bornes à respecter, ce que nous avons fait. Mais aujourd’hui, nous voyons les mêmes ingénieurs revenir pour nous imposer l’élargissement de la route à sept mètres  

a confié un propriétaire victime de la démolition.

De leur côté, certaines sources proches du projet expliquent que ces démolitions s’inscrivent dans le cadre des travaux d’assainissement et de réhabilitation de la voirie urbaine, visant à faciliter la circulation et à lutter contre l’occupation anarchique des emprises publiques.

Malgré ces explications, plusieurs voix s’élèvent pour réclamer l’intervention du gouverneur de province, Joseph Moïse Kambulu Nkonko, afin d’apaiser les tensions et d’ouvrir un dialogue avec les victimes. Des acteurs de la société civile appellent également à une gestion plus humaine des opérations de déguerpissement.

Alors que les travaux se poursuivent sur l’avenue Kakenga, la population espère voir les autorités du Kasaï-Central trouver un équilibre entre les impératifs de modernisation urbaine et le respect des droits des citoyens affectés, avant que la situation ne dégénère davantage.

 

                  Jean Piaget BAKATUPIDIA