La séance plénière tenue ce mardi à l’Assemblée provinciale de Lomami a été marquée par de vifs échanges autour de la gestion de la SAPLOM SASU. Convoqué dans le cadre d’une question orale avec débat initiée par l’honorable Christelle Keta Katombe, le directeur général de cette entreprise publique provinciale s’est retrouvé au centre d’un contrôle parlementaire particulièrement tendu.
Sous la conduite du président de l’Assemblée provinciale, Patrick Kilolo Ngoyi, les députés provinciaux ont voulu obtenir des éclaircissements sur les activités de la SAPLOM SASU dans les territoires de Ngandajika et de Luilu, notamment sur les mécanismes de financement et de commercialisation des produits agricoles.
Devant les élus, le directeur général, Master Alpha Nsomue Mulamba, a présenté le bilan des activités de l’entreprise depuis sa création. Il a évoqué les superficies exploitées, les productions réalisées ainsi que les investissements engagés, affirmant que la société fonctionne sur fonds propres avec pour objectif de renforcer la sécurité alimentaire et de promouvoir l’emploi dans la province.Mais les chiffres avancés ont rapidement suscité des interrogations dans l’hémicycle. Selon les explications fournies, près de 198 millions de francs congolais ont été investis entre décembre et avril, alors que seulement 93 hectares ont été exploités sur les 200 prévus. Le directeur général a justifié cet écart par des difficultés techniques et l’insuffisance du matériel agricole.
La tension est montée d’un cran lorsque le responsable de la SAPLOM SASU a affirmé que l’identité de l’acheteur des semences vendues pour plus de 85 millions de francs congolais était uniquement connue du vice-gouverneur de province et du ministre provincial de l’Agriculture, Pêche et Élevage.Cette déclaration a provoqué une vive réaction parmi les députés provinciaux, plusieurs élus dénonçant un manque de transparence dans la gestion des ressources publiques. Pour eux, une opération financière d’une telle ampleur ne peut être tenue à l’écart du contrôle de l’Assemblée provinciale.
Face à cette situation, l’honorable Simon Ntumba Ndala a introduit une motion incidentielle exigeant l’audition, dans un délai de 48 heures, du vice-gouverneur ainsi que du ministre provincial de l’Agripel afin qu’ils apportent des explications devant la représentation provinciale.
Pour plusieurs députés, cette affaire met en lumière de possibles failles dans la gouvernance de la SAPLOM SASU et soulève des inquiétudes quant à la gestion des recettes issues de la commercialisation des produits agricoles.
En suspendant la séance jusqu’à la comparution des autorités concernées, le bureau de l’Assemblée provinciale a réaffirmé sa volonté de renforcer le contrôle parlementaire et de lutter contre toute zone d’ombre dans la gestion des affaires publiques à Lomami.
Jean Piaget BAKATUPIDIA









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