La province de l’Ituri fait face à une situation sanitaire de plus en plus inquiétante. Alors que les cas de contamination au virus Ebola continuent de se multiplier, les autorités provinciales tirent la sonnette d’alarme sur le risque d’une catastrophe humanitaire majeure dans les camps de déplacés disséminés à travers la région.
Le gouverneur militaire de l’Ituri, le général Johnny Luboya Nkashama, a appelé ce lundi à une intervention urgente des partenaires sanitaires et humanitaires afin de renforcer les capacités de riposte sur le terrain. Selon lui, les structures médicales locales sont dépassées face à l’ampleur de la menace, notamment dans les zones où vivent des centaines de milliers de civils ayant fui les violences armées.
Dans cette province marquée depuis plusieurs années par les attaques répétées des groupes armés, les populations déplacées vivent dans des conditions extrêmement précaires. Entassées dans des sites surpeuplés, souvent sans accès suffisant aux soins ni à l’eau potable, elles représentent aujourd’hui les plus exposées à la propagation rapide du virus.
Les autorités provinciales indiquent qu’environ 61 sites accueillent actuellement près de 970 000 déplacés internes. Cette promiscuité, combinée à l’insécurité persistante, complique considérablement les opérations de sensibilisation et de prise en charge médicale. À cela s’ajoute la circulation massive de rumeurs et de fausses informations autour d’Ebola, qui freine les efforts des équipes de santé déployées dans les zones affectées.
Face à cette urgence, le gouverneur plaide pour l’envoi rapide de personnel médical expérimenté, d’équipements de protection, de médicaments et de laboratoires mobiles afin de contenir la maladie avant qu’elle ne gagne davantage de terrain. Les autorités souhaitent également voir les équipes spécialisées renforcées dans les sept zones de santé déjà touchées par l’épidémie.
Pour l’exécutif provincial, la lutte contre Ebola doit désormais être menée avec la même intensité qu’une opération de sécurisation, tant les conséquences humaines pourraient être dramatiques si aucune réponse rapide n’est apportée.
Jacob KANDE





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